Croître du sombre pour finir en lumière.
Arbre poursuit ton Ombre
Parce qu’un loup y mangea des enfants en l’obscure
Nos peurs, nos mythes et nos terreurs issues du noir
Des Cathédrales de fûts, de troncs drus, assure
Cultive ce qui rend l’homme poltron et dérisoire.
Tu naquis de la bogue enfouie dans le sillon
Convulsion du thalle pour hisser un splendide
Hymne verdoyant embrassant la lune impavide
Et le soleil jaloux se mit à l’unisson.
Dresse ton Ombre, oblitère les grands cieux
A ceux qui t’arrachent, te mutile, tarissent ton sol
Et font de cette terre une plaque où rissolent
La blanche banquise et les chameaux besogneux.
Ton ombre est providence, c’est la belle assurance
Des longs palabres d’anciens, du repos des dieux
De la ronde des petits, de la sieste des vieux
Arbre, poursuit ton Ombre, elle est notre persistance.
Est-ce parce que tes sucs viennent du fond d’une terre
Où tes fines racines fouillent les magmas fangeux
En de voraces contorsions, pivots sinueux
Afin de créer de grands sombres hémisphères
Que s’étendent tes bras ? Et le soleil voilé
Va faire l’Ombre écarlate et dense la forêt,
Ténébreuse la Clarté où le rêve s’englouti,
Et où l’âme s’abîme aux tréfonds des oublis.
Et force ce mystère :
et croître du sombre pour finir en lumière